Le nouveau visage de la NBA

NBA. National Basketball Association. Trois lettres. Trois mots. Pour désigner la meilleure ligue de basket du monde. Le rêve américain de tout joueur étranger. Une ligue de 30 franchises. Chacune avec leur histoire, leurs légendes, leurs fans, leur salle, leurs désillusions et leurs victoires. Une ligue toujours plus spectaculaire. Toujours plus moderne, s'alliant aux nouvelles technologies. Avec de nouvelles habitudes, avec une ouverture nouvelle aux joueurs internationaux. Non américains. La NBA se renouvelle, des rivalités apparaissent. D'autres, mythiques, disparaissent. Les équipes dominantes s'en vont. Les joueurs bougent. Le suspens est garanti. NBA : « Where amazing happens » nous dit une campagne publicitaire de la Grande Ligue. On ne peut qu'approuver.

La NBA change, évolue, progresse, pour notre plus grand plaisir.

Décryptage du nouveau visage de cet impressionnant championnat !

 

Un nouveau visage sportif

Le monde change. Le monde NBA aussi. Finie la domination des franchises historiques. Bonjour Cleveland, Golden State, Oklahoma City, Toronto. Les quatre équipes qualifiées en Finale de Conférence cette année. Quatre équipes qui, avant la finale, ne cumulaient que 2 titres de champions NBA (Golden State Warriors en 1975 et 2015). Très loin des 17 titres des Boston Celtics, ou des 16 titres des Los Angeles Lakers. Une statistique qui montre le renouvellement de la Grande Ligue. Un championnat plus indécis que dans le passé. Ainsi, depuis 2002, aucune équipe n'a réussi un « three-peat », terme désignant trois titres consécutifs gagnés. Performance plus commune dans le passé de la Grande Ligue : les Lakers de Minneapolis ont remporté 4 titres en 5 ans (entre 1950 et 1954), les Boston Celtics ont remporté 11 titres en 13 ans (entre 1957 et 1969), les Chicago Bulls ont réussi 2 three-peats (de 1991 à 1993 et de 1996 à 1998, durant le règne de Michael Jordan), alors que les Lakers ont réussi cet exploit entre 2000 et 2002. Des dominations qui n'existent plus. Seuls les San Antonio Spurs sont restés au niveau des meilleurs durant la dernière décennie, empochant 4 titres en 11 ans. Les dynasties n'existent plus. Les titres sont très difficiles à garder. Parce que les joueurs bougent, sont transférés...Parce que les équipes concurrentes sont de plus en plus nombreuses. Combien peuvent se vanter d'un tel statut la saison prochaine ? Cleveland, Golden State, et San Antonio semblent partir en pôle position. Mais la saison régulière réserve souvent des surprises, et Oklahoma City, malgré le départ de Kévin Durant, les Los Angeles Clippers, les très jeunes et talentueux Timberwolves de Minesotta, Dallas, Chicago, Toronto, Atlanta, Indiana, Charlotte ou New York peuvent surprendre les trois favoris. La saison prochaine sera donc très indécise. Avec des équipes remodelées, de nombreux outsiders, et des Conférences de nouveau égales (la Conférence Ouest avait pris le dessus depuis quelques années) : on obtient une NBA avec une nouvelle identité sportive. Un sentiment renforcé par les fréquents changements de logo, de maillot, de nom et de localisation des franchises. Ainsi, en 2008, les Sonics de Seattle ont déménagé à Oklahoma City, pour créer la franchise du Thunder. On parle aussi d'une possible équipe à Las Vegas dans les années à venir.

 

Le nouveau visage de la NBA

Des habitudes qui changent

Les résultats sportifs des 30 équipes de la Ligue changent. Mais ce n’est pas tout. Loin de là. Les habitudes des joueurs et des franchises changent aussi. En parlant des joueurs. On parle principalement ici de l’infidélité chronique des meilleurs éléments de la NBA envers leurs équipes. La mode n’est plus de rester dans son club de cœur pendant toute sa carrière. Tim Duncan. Kobe Bryant. Dirk Nowitzki. Manu Ginobili. Yao Ming. David Robinson. Reggie Miller. John Stockton. Larry Bird. Joe Dumars. Kevin McHale. Magic Johnson. 12 légendes du jeu, sélectionnés dans plusieurs All Stars Games, qui sont toujours restés dans leurs franchises de cœur. Aujourd’hui, cela a changé. Pour le prouver, sur les 26 joueurs sélectionnés ou ayant participé au All Star Game 2016 (12 joueurs par conférence, plus deux joueurs sélectionnés pour remplacer Jimmy Butler et Chris Bosh, tout les deux bléssés), ayant au moins 9 saisons NBA dans les jambes, tous ont au moins changé une fois de maillot : Dwayne Wade, Kyle Lowry, LeBron James, Carmelo Anthony, Chris Bosh, Paul Millsap, Pau Gasol et Al Horford pour la Conférence Est ; Chris Paul, LaMarcus Aldridge et Kevin Durant pour la conférence Ouest. Avec Wade, Horford, Gasol et Durant qui ont changé d’équipe lors de cette intersaison. Les grands joueurs veulent partir, pour gagner, pour ne pas rester dans la légende en tant que star sans bague de champion. Une idée symbolisée par le choix de Kevin Durant cet été puisqu'il a décidé de quitter Oklahoma City pour rejoindre Golden State, et ses nombreux All Stars. L’ailier MVP 2014 quitte donc un outsider de la Conférence Ouest, pour l’équipe possédant le meilleur effectif de la Ligue. Une sorte de choix de facilité. Pour gagner. Sans se battre. L’histoire d’une nouvelle génération de joueurs, d’une nouvelle génération mondiale.

Côté franchises, les habitudes changent aussi. La nouvelle mode chez les équipes des bas-fonds du classement ? Le tanking. Ou la défaite volontaire. "Il est supposé que" les équipes perdent délibérément certaines rencontres de saison régulière pour finir dernier bilan de la Ligue, et ainsi avoir une plus grande probabilité de sélectionner le premier choix de la Draft de la saison. En résumé, l’équipe ayant le pire bilan de la Ligue a le plus de chances de sélectionner les meilleurs jeunes pour l’année suivante. Une pratique peu glorieuse mais bien utilisée par certaines équipes. Trop souvent. A tel point que la NBA a procédé à un vote avec les dirigeants des 30 équipes, pour ne pas favoriser la pire équipe lors de la Draft. Ce qui réduirait considérablement le tanking. Cependant, moins des deux-tiers des dirigeants ont exprimé une opinion positive pour cette réforme. Le changement, ce n'est donc pas pour maintenant !

 

Le nouveau visage de la NBA

Le jeu aussi évolue

Et oui ! La NBA, c’est avant toute chose du basket. Du jeu. Du sport. Et le jeu évolue. Avec le temps. Avec les joueurs. Depuis quelques saisons, le jeu est moins physique, moins dur. Il a moins de coups, de bagarres, de trash-talking. On se souvient notamment de la (trop ?) mythique bagarre du Palace d’Auburn Hills. En novembre 2004, lors d’un match entre les Pistons et les Pacers, une bagarre générale éclate, entre les joueurs des deux formations, des staffs, et de supporters. Un épisode légendaire de la Grande Ligue. Depuis cet incident, et les très importantes sanctions qui en ont découlé, le jeu est devenu plus "soft", ce que regrette les anciens joueurs : « Aujourd’hui, c’est un jeu plus en finesse, plus small ball (…) J’aime le jeu agressif, la confrontation (…) Aujourd’hui, tous les joueurs peuvent aller au panier car vous ne pouvez toucher personne » déclarait Kobe Bryant, au crépuscule de sa carrière, en janvier 2014.

Lorsqu’on parle d’évolution du jeu, dans les années 2000, on est obligé de citer le tir à trois points. Instauré en 1979, le tir à trois points est devenu de plus en plus utilisé ces dernières années. A cause (ou grâce ?) à deux joueurs, deux shooteurs exceptionnels, parmi les meilleurs de l’Histoire : Stephen Curry et Klay Thompson. Les Splash Brothers de Golden State. Véritables machines à rentrer les trois points. Cette saison, Stephen Curry a même explosé son record de trois points en une saison, avec 402 tirs réussis, en 79 matches, soit plus de 5 trois points par match. Il avait établi le précédent record, avec 286 trois points marqués, lors de la saison 2014-2015. Un vrai changement dans le jeu NBA, avec des ballons qui circulent plus en périphérie, et beaucoup moins dans la raquette. Et donc avec des pivots moins dominants : sur les dix joueurs sélectionnés par les fans pour être titulaire au All Star Game 2016, aucun n’était un pivot de métier, et seul Draymond Green jouait sur les postes intérieurs. Une vraie révolution…

La NBA se modernise

La Grande Ligue a toujours su évoluer en fonction de son époque. Et ces dernières années ne dérogent pas à la règle. Les nouvelles technologies ont envahi le monde, et elles ont envahi la NBA. Les statistiques sont extrêmement complètes, les matches sont diffusés sur les réseaux sociaux, la télévision s’immisce dans les vestiaires… La technologie fait vivre la NBA de l’intérieur à tous ses fans. Fans américains ou étrangers. Car la Grande Ligue s’étend, se mondialise. Depuis les fameux JO de Barcelone en 1992, et la démonstration de la Dream Team, le monde du sport a découvert le basket américain : le show, la performance… Une mondialisation qui ne cesse de s’accentuer. Les joueurs étrangers prennent de plus en plus d’importance dans les franchises et dans la Ligue (l’allemand Dirk Nowitzki est devenu en 2007 le premier joueur non américain à devenir MVP de la saison régulière ; le français Tony Parker a lui remporté le titre de MVP des finales NBA, toujours en 2007, lors du titre des Spurs). Cette ouverture sur le monde se caractérise aussi par la tenue de matches de saison régulière (un à Mexico et un à Londres l’année passée) et de matches amicaux à l’étranger, dans le cadre des NBA Global Games. Dernière preuve de cette mondialisation, le match d’exhibition organisé par la Grande Ligue pendant l’intersaison 2015 à Johannesburg, entre deux équipes de joueurs NBA, dont la moitié avait des origines africaines.

La retransmission des matches à l’étranger montre aussi cette mondialisation. Pour rappel, Bein Sports retransmet en France depuis quelques années de nombreux matches de saison et playoffs.

La dernière preuve de la modernisation de la Grande Ligue est la politisation de cette dernière. Discours, mouvements solidaires, prises de positions, les joueurs NBA se battent au quotidien pour montrer l’exemple. La politique, le racisme, les violences, tels sont les sujets défendus par les figures de la Ligue américaine. On se souvient du discours de LeBron James, Chris Paul, Carmelo Anthony, et Dwayne Wade lors de la cérémonie des ESPY Awards (cérémonie qui récompense les athlètes de sport américain), le 13 juillet dernier. Ils y avaient notamment défendu les violences faites aux Noirs aux USA : « Les événements des dernières semaines [ndlr fusillades de Dallas et d’Orlando] ont montré l’injustice, le manque de confiance et la colère qui touchent nombre d’entre nous. Le système est cassé. Les problèmes ne sont pas nouveaux, la violence n’est pas un phénomène nouveau. Le fossé racial n’est certainement pas quelque chose de nouveau. Mais il n’a jamais été aussi urgent de changer les choses. » avait déclaré le Knick Carmelo Anthony sur scène.

Autre prise de position des joueurs : leurs réactions suite au scandale Donald Sterling, ancien propriétaire des Clippers, qui avait été enregistré, contre son gré, pendant qu’il discutait avec sa femme. Il avait tenu des propos racistes et choquants envers la communauté Noire d’Amérique. Les joueurs des Los Angeles Clippers, et de certaines autres équipes, avaient montré leur indignation, en enlevant notamment leurs maillots d’entrainement. Une mobilisation payante puisque le milliardaire avait été forcé à vendre la franchise, rachetée ensuite par l’ex directeur général de Microsoft, Steve Ballmer. Côté politique et social, on peut également citer l’implication du français Joachim Noah avec son association, qui lutte contre les violences dans les quartiers pauvres de Chicago.

 

La NBA nous dévoile donc un nouveau visage, plus indécis, avec des stars qui bougent, un jeu qui évolue, et une modernisation impressionnante. Une Grande Ligue  qui fera encore rêver ses fans pendant de longues années…

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