Froome remporte son troisième Tour de France

Froome remporte son troisième Tour de France

Si Christopher Froome a écrasé la concurrence dès la 8e étape du Tour (Pau - Bagnères-de-Luchon), s’emparant alors de la tunique jaune, il le doit aussi à ses 8 coéquipiers qui font de la Sky l’une des équipes les plus puissantes de ces dernières décennies.

Immersion dans les secrets de son succès si convoité…

 

Depuis son premier succès sur la Grande Boucle lors de la centième édition en 2013, Christopher Froome est devenu le leader de son équipe sur le Tour. Bien entouré chaque année, il a remporté l’édition 2015 et a il y a une semaine, l'édition 2016.

L’effectif 2016 se montre comme l’un des plus puissants que l’équipe n’ait jamais envoyé sur la Petite Reine. A ses côtés, Christopher Froome a pu compter sur la présence d’excellents grimpeurs aux multiples expériences victorieuses sur les grands Tours. Commençons par le colombien de 28 ans Sergio Henao, 14e sur le Tour d’Espagne en 2012 et 16e sur le Giro d’Italie en 2013. Il y avait également les espagnols Mikel Landa, 26 ans et Mikel Nieve, 32 ans, respectivement 3e du Tour d’Italie 2015 et 8e du Tour d’Espagne 2015. Enfin, Froome a pu compter l’appui du néerlandais de 28 ans Wout Poels, vainqueur en 2016 de la plus ancienne et de la plus exigeante Classique belge : Liège-Bastogne-Liège. Le surnommé « Kenyan Blanc » a également été au côté d’excellents rouleurs, comme en témoignait la présence du bélarusse de 35 ans Vasil Kiryienka, champion du monde de contre la montre 2015. Il a pu également compter sur les cadors de Classiques avec notamment le gallois Luke Rowe, 26 ans, 8e de Paris-Roubaix 2015 et 5e du Tour des Flandres 2016, ainsi qu’ un autre gallois, Geraint Thomas, 30ans, 7e de Paris- Roubaix 2014 et 3e de Gand-Wevelgem 2015. Enfin, le britannique Ian Stannard, double vainqueur du Het Nieuwsblad (2014-2015) a complèté la liste de la garde rapprochée de Froome.

 

Team Sky lors d'une session d'entraînement au Mont Teide (Espagne)

Team Sky lors d'une session d'entraînement au Mont Teide (Espagne)

Des méthodes bien ficelées

Que ce soit sur le plan de l’entraînement, de la diététique ou encore de la récupération, la Sky ne laisse rien au hasard pour jouer la gagne et mise tout sur ses marginals gains. Entendez par là « de petites améliorations dans un nombre d’aspects différents de nos actions [qui] ont un énorme impact sur la performance de l’équipe », comme l’indiquait le manager de l’équipe Dave Brailsford dans un article de Pierre Carrey pour Libération début juillet.

Au cours de la saison, l’équipe effectue plusieurs stages en altitude, notamment à Tenerife autour du volcan Teide. La méthode consiste selon le chef de la performance de l'équipe Tim Kerrison, à faire des attaques à très haute intensité pendant très peu de temps, avant de revenir à un niveau d’effort plus soutenable, le tout avec une fréquence de pédalage très élevée.

Dans le domaine de la diététique, la chasse aux graisses est lancée ! Dans une interview accordée au journaliste du Guardian William Fotheringham lors du Tour 2013, le nutritionniste de l’équipe Nigel Mitchell indique que : « l’Homme est responsable de tout ce qui rentre dans sa bouche. » Méthode efficace, puisqu’une perte de poids signifiante s’est opérée pour le vainqueur du Tour de France 2012 le britannique et ancien pistard Bradley Wiggins. Le bon menu ? Du sirop d’agave, des jus de fruits, ou encore deux grammes d’huile de poisson tous les jours… Enfin sur le plan de la récupération, après une étape bien chargée, les coureurs doivent attendre encore un peu avant de prendre leur douche et de regagner l’hôtel puisqu’ils doivent passer par une séance de 15 à 20 minutes de « home trainer », afin notamment d’éliminer l’acide lactique.

 

Chris Froome lors d'un contrôle anti-dopage sur le Tour 2013

Chris Froome lors d'un contrôle anti-dopage sur le Tour 2013

Recettes miracles, recettes suspectes ?

La Team Sky est bien connue pour attirer sur elle des accusations de dopage. Lors de sa victoire sur la 8e étape cette année, Chris Froome avait entamé une descente vertigineuse de manière assez controversée puisqu’on le voit assis sur la barre horizontale de son cadre, menton posé sur le cintre et lancé à pleine vitesse. Il faut savoir que depuis cette année, le Tour s’est équipé de caméras thermiques afin d’y détecter toute présence de moteur dans les vélos. L’enquête n’a rien révélé d’anormal concernant cette performance. Les performances du coureur ont déjà été dans le collimateur de l’UCI (l’Union Cycliste Internationale). Rappelez vous lors de l’étape du Tour 2013 au sommet du Mont Ventoux, Christopher Froome place une attaque qui terrasse ses principaux adversaires à savoir Nairo Quintana (MOVISTAR) et Alberto Contador (TINKOFF), avec une cadence de pédalage atteignant plus de 100 tours par minute et une vitesse passant brutalement de 19km/h à 31km/h en seulement quatres secondes ! « Je comprends que les questions (sur le sujet du dopage, ndlr) sont liées à l'histoire de notre sport. Mais il faut me respecter, j'ai travaillé dur pour être là où je suis », avait réagi Chris Froome le lendemain soir en conférence de presse. 

Depuis sa création à l’aube 2010, l’équipe ne s’est jamais vue poursuivie pour quelconque affaire de dopage. De par les méthodes plutôt modernes qu’elle apporte au cyclisme, le « rouleau compresseur » de la Sky agace, ce qui ne lui empêche pas de tout écraser.

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